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8 octobre 2026

Points carburants les prix commencent à baisser, mais les tensions restent fortes en France

Résumé pour les lecteurs pressés

Les prix des carburants commencent à baisser en France ce 8 octobre. Le gazole atteint 2,359 €/L et le SP95-E10 2,158 €/L, tandis que près de 9 % des stations connaissent encore des difficultés d'approvisionnement.

Points carburants les prix commencent à baisser, mais les tensions restent fortes en France

8 octobre 2026 — Après plusieurs semaines de forte hausse, les prix des carburants commencent enfin à refluer en France. Le gazole repasse légèrement sous les niveaux des derniers jours et les essences suivent le mouvement. Mais cette détente reste fragile : les difficultés d'approvisionnement concernent encore près d'une station-service sur dix, tandis que le gouvernement vient d'annoncer la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques.

Les prix commencent à reculer

Le mouvement observé ces derniers jours marque un changement par rapport à la forte progression enregistrée en septembre.

Selon les relevés disponibles ce jeudi matin, le prix moyen du gazole s'établit autour de 2,35 €/L, tandis que le SP95-E10 se situe autour de 2,15 €/L.

Les données relevées à 7 h par Roole Data donnent précisément :

CarburantPrix moyen au litreÉvolution du jour
Gazole2,359 €- 0,8 ct
SP95-E102,158 €- 0,3 ct
SP98-E52,265 €- 0,4 ct
GPL1,056 €Stable
E850,905 €Stable

La baisse reste donc modérée, mais elle concerne les principaux carburants routiers.

D'autres relevés actualisés en cours de matinée confirment cette tendance, avec un gazole compris autour de 2,34 à 2,35 €/L et un E10 autour de 2,15 €/L. Les différences de quelques millièmes s'expliquent notamment par l'heure de mise à jour et la méthode de calcul utilisée.

Le gazole commence à souffler

Après la forte hausse enregistrée au cours des dernières semaines, le gazole affiche aujourd'hui un premier mouvement de détente.

À 2,359 €/L, le prix moyen reste toutefois extrêmement élevé.

Un plein de 50 litres représente encore environ :

117,95 €

La baisse observée aujourd'hui ne suffit donc pas encore à modifier profondément le budget carburant des automobilistes.

Sur une période plus longue, la situation reste d'ailleurs tendue. Selon un baromètre basé sur les données officielles, le prix moyen du gazole a encore progressé d'environ 6,3 centimes par litre en 30 jours.

La tendance de fond reste donc celle d'un marché sous pression, même si les prix commencent à se détendre à court terme.

Combien coûte un plein aujourd'hui ?

Avec les prix moyens relevés ce matin, voici le coût théorique d'un plein de 50 litres :

CarburantPrix moyenPlein de 50 L
Gazole2,359 €117,95 €
SP95-E102,158 €107,90 €
SP98-E52,265 €113,25 €
GPL1,056 €52,80 €
E850,905 €45,25 €

L'écart reste donc considérable entre les carburants traditionnels et les carburants alternatifs.

Un plein de 50 litres de gazole coûte actuellement près de 73 € de plus qu'un plein équivalent d'E85, même si la consommation et la compatibilité des véhicules doivent évidemment être prises en compte.

Une situation d'approvisionnement encore tendue

La baisse des prix ne signifie pas pour autant que la situation est revenue à la normale dans les stations-service.

Selon les données officielles du gouvernement, 91 % des stations-service ne connaissaient aucune difficulté d'approvisionnement à 9 h ce jeudi 8 octobre.

Cela signifie qu'environ 9 % des stations étaient en difficulté sur au moins un produit essence ou gazole.

La situation varie fortement selon les régions.

À 9 h :

  • Grand Est : 16 % des stations en difficulté ;
  • Pays de la Loire : 12 % ;
  • Bourgogne-Franche-Comté : 11 % ;
  • Occitanie : 11 % ;
  • Auvergne-Rhône-Alpes : 10 % ;
  • Île-de-France : 10 % ;
  • Bretagne : 6 % ;
  • Normandie : 6 %.

La Corse reste la région la moins touchée avec aucune difficulté recensée dans le relevé.

Il ne s'agit donc pas d'une pénurie généralisée à l'échelle nationale, mais les difficultés restent suffisamment importantes pour perturber l'accès au carburant dans certaines zones.

Le SP98 particulièrement touché

Les tensions sont particulièrement visibles sur certaines catégories d'essence.

Les données disponibles ce matin indiquent notamment que le SP98 est davantage concerné par les ruptures que le gazole.

Selon les relevés actualisés à 8 h, environ 12 % des stations distribuant du SP98 déclaraient une rupture, contre environ 5 % pour le gazole.

Il faut toutefois être prudent dans l'interprétation : une station déclarée en rupture sur un carburant n'est pas nécessairement totalement à sec. Le dispositif officiel considère notamment qu'une station proposant encore une autre catégorie d'essence disponible n'est pas en rupture d'essence au sens global.

Le gouvernement débloque 10 millions de barils de gazole

C'est l'autre événement majeur de cette semaine.

Le gouvernement français a annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques.

L'objectif est de contribuer à détendre le marché français et à faire baisser le prix du gazole à la pompe.

Le gouvernement estime que cette mesure pourrait permettre une baisse comprise entre 12 et 18 centimes par litre.

Cette baisse annoncée n'est toutefois pas encore une baisse effectivement constatée dans toutes les stations. Sa mise en œuvre et sa répercussion sur les prix à la pompe doivent encore intervenir.

Pour un plein de 50 litres, une baisse de 15 centimes représenterait à elle seule une économie théorique de :

7,50 € par plein.

C'est donc une mesure potentiellement significative pour les automobilistes, en particulier pour ceux qui roulent au diesel.

Pourquoi les prix restent-ils aussi élevés ?

La situation actuelle résulte de plusieurs facteurs qui se cumulent.

Les marchés internationaux de l'énergie restent sous pression, notamment en raison des tensions géopolitiques et des difficultés d'approvisionnement.

À cela s'ajoutent les tensions sur les marchés des produits raffinés et les perturbations du réseau français de distribution.

La situation actuelle montre d'ailleurs pourquoi le prix du pétrole brut n'est pas le seul élément déterminant du prix affiché à la pompe.

Entre le baril et le prix payé par l'automobiliste interviennent notamment :

  • le coût du raffinage ;
  • les cours des produits raffinés ;
  • les coûts de transport ;
  • la disponibilité des stocks ;
  • la logistique nationale ;
  • les taxes ;
  • les marges de distribution.

Les prix vont-ils continuer à baisser ?

C'est probablement la principale question des prochains jours.

Les premiers signaux sont encourageants : les prix moyens commencent à reculer et le gouvernement annonce une intervention importante sur les stocks de gazole.

Mais la situation reste fragile.

La poursuite de la baisse dépendra notamment de la vitesse à laquelle les stocks supplémentaires seront distribués, de l'évolution des marchés internationaux et du retour progressif à une situation normale dans les stations.

Il faudra donc plusieurs jours pour déterminer si la baisse actuelle constitue réellement un retournement durable de tendance ou simplement une première phase de stabilisation après plusieurs semaines de hausse.

Rédigé par
L'équipe Eco carburants
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